Qu’est-ce que le No-Code ?

Le No-Code caractérise des outils de développement ne nécessitant pas l’apprentissage et l’utilisation d’un langage informatique.

Il s’agit, en général, de logiciels en ligne permettant de programmer une application ou un traitement d’information à l’aide d’une interface visuelle. Le programme est conçu avec des modules que l’on assemble étape par étape, souvent avec un « glisser-déposer », afin d’obtenir l’ensemble du traitement final souhaité.

Ces modules sont par exemples : des boutons, des champs à remplir par l’utilisateur, des fonctions affichage de données, de cartes, graphes, vidéos, fichiers à télécharger, modification d’information, envoi de mail…

Les domaines d’application de ces outils sont très larges :

  • Création de site web
  • Gestion de formulaires en ligne
  • Développement de bases de données
  • Automatisation de processus répétitifs ou de traitements de données
  • Interface entre applications
  • Développement complet d’applications spécifiques web et/ou mobile
  • etc…

Vous en avez sans doute utilisé, sans y avoir associé le terme de No-Code.

Est-ce que No-Code est tout le temps très simple ? :

Certaines applications sont plus ou moins complexes à utiliser, on peut distinguer deux grandes catégories de logiciels permettant de simplifier le développement d’application :

  • Le NO-CODE qui ne nécessite aucune connaissance en langage informatique
  • Le LOW-CODE, qui facilite le développement par des modules prédéfinis mais qui nécessite ou permet de programmer des parties pour traiter des choses plus complexes dans un langage informatique.

Il est certain que cette dernière catégorie, souvent avec plus de possibilités, est destinée à des utilisateurs ayant une expérience en programmation informatique et dont l’objectif est d’optimiser leurs développements.

Le No-Code, est-ce nouveau ?

Cette approche de programmation visuelle n’est pas nouvelle. Elle date, au moins, des années 90 avec des logiciels comme 4D ou FileMaker qui permettaient de développer facilement des applications associées à des bases de données.

La différence actuelle, est principalement la capacité à proposer des solutions en ligne accessibles avec une diffusion rapide, dans un environnement web et souvent avec des possibilités d’interconnexion avec des solutions tiers courantes.

 

A quels besoins correspond le No-Code ?

On constate dans les entreprises que certains processus métiers ou besoins de traitement simples ne correspondent pas forcément aux logiciels existants en interne ou sur le marché. Ces applications sont soit trop limitées par rapport au besoin précis, soit trop larges (riches) et donc trop onéreuses par rapport à ce besoin fonctionnel défini.

L’option possible serait de faire coder la fonction par un prestataire ce qui demande un effort important en matière de temps, de coûts de développement. De plus, les évolutions au cours du temps et la maintenance nécessitent de faire appel à des professionnels du développement informatique avec un budget conséquent également.

C’est là où le No-Code peut avoir un intérêt, apportant une simplicité de développement et également une autonomie des utilisateurs dans les évolutions de la solution développée qui, de plus, pourra être parfaitement adaptée aux besoins des utilisateurs.

Les avantages et limites du No-code :

Les avantagesLes risques
Une simplicité de développement des applications web et/ou mobilesLa limite fonctionnelle de ces solutions qui ne font pas tout.
De permettre à un utilisateur de développer ou automatiser des processus métiers par lui-mêmeLa dépendance de la plateforme par rapport à un développement fait avec un langage de développement courant qui peut être repris par un autre programmeur.
De pouvoir faire des prototypes pour valider un besoin ou une fonction et ce, très rapidement.Eventuellement des limites sur la montée en charge sur des projets importants.
De compléter des fonctions sur un logicielParfois un assemblage de solutions afin de pouvoir développer la globalité de la solution finale qui rend l’application plus complexe.
D’interfacer facilement des logiciels à condition d’avoir des API disponiblesLa conformité à la RGPD si la solution n’est par conforme à la règlementation.
Une autonomie pour faire évoluer un logiciel sans forcément faire appel à un spécialiste du codeLa capacité à maintenir l’application dans la durée si elle a été développée en interne par un utilisateur plus présent dans l’entreprise.
Des couts de développement moindresLe développement anarchique des applications non identifiées dans le système d’information global de l’entreprise.

 

Quels sont les prérequis pour intégrer du No-code dans son entreprise ?

Avoir des notions de base de programmation

Il est important d’avoir des connaissances de base en développement informatique afin de bien appréhender un projet d’application. En effet, ces logiciels ont une approche simplifiée de programmation mais il est nécessaire d’être capable de comprendre la globalité d’un projet afin de bien évaluer la complexité technique de l’application à développer et de choisir la solution No-code adaptée.

Bien définir le besoin et anticiper les évolutions

L’approche du No-Code permet de commencer par une application simple, mais la fonction génère souvent des besoins complémentaires et le développement peut être sans fin et dépasser largement le périmètre initialement prévu. Il est donc intéressant d’envisager ce projet comme un projet global avec des évolutions et anticiper les besoins de fonctions complémentaires qui paraissent évidentes dès le lancement du projet afin d’éviter la dette technique liée à l’ajout anarchique de fonctions au cours du temps. Ce projet doit également être géré par une personne qui connaît parfaitement le fonctionnement de l’entreprise et potentiellement le métier que l’on souhaite outiller.

Tester les solutions avant de s’engager

Beaucoup de ces solutions sont disponibles en version gratuite mais limitées ce qui permet de les tester. Par rapport à un projet à développer, il peut être judicieux de faire un premier prototype avant de s’engager définitivement sur une solution. Cette approche permet de voir la simplicité de développement et surtout d’évaluer rapidement les limites.

Evaluer les coûts de la solution

Les modèles économiques des éditeurs sont très variables, parfois liés au nombre d’utilisateurs, à des nombres de traitement, les fonctions disponibles ou encore à des volumes de données. Il est donc important de bien analyser le coût global engendré par l’application envisagée.

De plus, l’utilisateur n’est pas maître de l’évolution des tarifs dans le temps et peut se trouver piégé par une hausse importante des montants des abonnements sans avoir de possibilité de négociation.

Notion de réversibilité

Comme la fonction ou l’application développée est liée à la solution No-Code, il est important d’évaluer la capacité de réversibilité si on souhaite changer de solution. Le minimum est de pouvoir récupérer ses données. Mais la partie fonctionnelle est trop liée à la solution technique utilisée pour pouvoir récupérer des éléments pour les migrer dans une nouvelle solution.

Sécurité et confidentialité

Ces solutions sont proposées en ligne, donc hébergées sur des serveurs distants. Les données que vous traitez sont potentiellement confidentielles voire contrainte légalement si vous utilisez des données personnelles ou de santé. Il faut donc évaluer ces éléments afin de s’assurer de la conformité de la solution choisie par rapport à vos obligations ou vos contraintes.

Documenter l’application pour la rendre maintenable

La compétence No-Code est souvent incarnée sur un utilisateur qui peut quitter l’entreprise et rendre un service essentiel non maintenable. Ce phénomène n’est pas nouveau, comme par exemple le stagiaire qui a développé le suivi de fabrication sur Excel avec des macros que personne ne maitrise après son départ.

Comme dans le développement traditionnel avec du code, et bien souvent négligé par les programmeurs, il est important de faire de la documentation qui permette de maintenir l’application dans le temps.

Le développement d’application nécessite souvent l’utilisation de base de données. Le nommage des champs utilisés est important : il doit être compréhensible pour une personne devant reprendre le développement de l’application dans le futur. Dans le même esprit, les processus de traitement doivent être définis et faire l’objet d’une documentation afin de permettre à un tiers de reprendre le développement de la solution.

Se former

Le No-Code apporte une simplicité de programmation et propose souvent de nombreuses aides en ligne pour appréhender l’outil de développement et de s’autoformer. Néanmoins ceci représente un temps certain d’apprentissage : une formation ou un accompagnement par une personne maîtrisant l’outil fait gagner beaucoup de temps dans la phase initiale. Cela peut aussi permettre de voir rapidement les limites de l’outil.

Evaluer le temps à affecter au développement

La facilité d’évolution d’une application No-Code permet de la souplesse pour s’adapter aux demandes des utilisateurs. Mais ce travail peut prendre beaucoup de temps pour la personne en charge de l’application, ce n’est souvent pas sa mission principale dans l’entreprise et cette surcharge doit être prise en compte afin de conserver un équilibre entre les urgences de l’adaptation de l’application et sa réelle fonction dans l’entreprise.

Conclusion : Le no-code, un outil sympa, mais pas une solution miracle

Le No-Code apporte de nombreuses possibilités et une agilité pour développer des choses simples ou numériser des processus métiers souvent inenvisageables avec les méthodes de développement traditionnelles, faute de budget. Cette méthode de programmation permet à des utilisateurs agiles avec les outils numériques de développer des applications assez facilement et surtout de répondre rapidement à un besoin fonctionnel. Mais il faut utiliser ces solutions avec discernement afin de pouvoir maîtriser ces applications dans le temps et ne pas être dépendant en prenant en compte les forces et les limites du No-Code.

Pour aller plus loin :

Un annuaire des solutions No-Code : https://outilsnocode.com/outils

La communauté des acteurs du No-Code : https://www.nocode-france.fr/

Crédits photos 

En-tête d’article : Photo de Growtika sur Unsplash

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